C'est en 1688 que la "Seigneurie de Rimouski" fut concédée à Augustin Rouer, Sir de la Cardonnière. Celui-ci était le fils aîné de Louis Rouer de Villeray, "premier conseiller", à cette époque, du Conseil souverain de la Nouvelle-France.

La seigneurie s'étend sur deux lieues de front par deux lieues de profondeur, partant de la Rivière Hâtée jusqu'à la Rivière Rimouski incluse, comprenant l'Île Saint-Barnabé et les îlets et battures des environs. Compte tenu de la situation géographique de Rimouski, le Sieur de la Cardonnière n'a pas manifesté le désir de coloniser son fief. Ces régions pratiquement inhabitées l'incitaient à agir comme un "vacancier" dont l'activité se limitait uniquement à la pêche.

En 1684, l'Intendant Champigny, insatisfait de la conduite des seigneurs du Bas du Fleuve, le cas de Rimouski n'étant pas unique, se mit en contact avec des colonisateurs de l'Île d'Orléans. Ambitieux et courageux, la perspective d'être seigneur constituait pour ces gens une offre très alléchante. C'était en effet un moyen pour eux d'accéder au rang des nobles.

La Seigneurie de Rimouski fut donc échangée le 10 juillet 1694 contre une terre de quatre arpents, possédée par René Lepage, située à Saint-François de l'Île d'Orléans. Le nouveau seigneur, ainsi que sa famille vinrent s'installer à Rimouski en 1696.

Il ne tarda pas à s'attaquer au défrichement et à la colonisation. Ambitieux, il manifesta très tôt le désir d'arrondir son domaine. Ainsi achetait-il en 1703 le fief Pachot situé sur la rivière Métis, formant aujourd'hui la partie est de la paroisse de Sainte-Flavie.

La première chapelle et le premier presbytère furent érigés en 1711. L'encadrement religieux du temps était assumé par des missionnaires récollets itinérants. Ces derniers séjournaient à Rimouski de deux à trois jours par années.

Ici, comme dans tout le Bas Saint-Laurent, la colonisation ne progressa que très lentement. À la même époque, on n'y retrouve que trois familles pratiquant la culture mais vivant davantage de chasse et de pêche.

À la mort de René Lepage en 1718, ce fut son fils aîné, Pierre, qui reçut la moitié du patrimoine en vertu du droit d'aînesse.



Source : Mosaïque Rimouskoise